Ecologie : de quoi parle-t-on?

40 ans, père de famille, Ingénieur en sciences physiques et genie civil, programmeur, autoconstructeur, et écologiste critique.

l'Ecologie est avant tout une Science : ni de gauche, ni de droite
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Coup de Gueule: Les Bigottes de la Foi Electoraliste

Dans les sociétés humaines, quelle qu’elles soient il y a deux catégories d’individus : les diseux, et le faiseux. Les Diseux parlent et revendiquent, les faiseux font.

Seule la politique électorale est réellement Politique et a un impact (askiparait)

Comme vous avez pu le deviner dans le titre et logo de ce blog, je pense que la politique électorale, et son rejeton qu’est la division droite/gauche (ou “la politique pour les nuls”), sont des fumisteries de haut vol, terriblement efficaces et décérébrantes. Elles méritent à ce titre le respect : fallait quand même y arriver. Pas gagné de faire se comporter les citoyens comme des supporters à un match de foot, soit pour un camp, soit pour l’autre. Chapeau.

Je m’en prends aujourd’hui dans ce coup de gueule à ceux que j’appelle les Bigots de la Foi Electoralistes. J’ai longtemps hésité à écrire ce genre de chose sur internet, mais une attaque d’un monsieur sur Twitter hier m’a décidé à franchir le pas. 20 ans que je me les farcis sans rien dire, raz le bol.

<explicit_lyrics>

Je déteste à priori ce genre de concours de bitte et ne l’initie pas, mais lorsque le militant de parti vient me chercher par la provocation, pour me dire que la sienne est plus grosse que la mienne,… ne serait-ce que pour couper court, je sors mon engin de ma culotte comme un bon Bonobo que je suis. Le ton de l’article sera mutin, enjoué, et un tantinet énervé.

</explicit_lyrics>

Suite à une discussion lancée par le monsieur, et qui consiste en gros à dire que la seule, la vraie politique est celle qu’il fait lui, la politique électorale1, je finis par lui répondre, las, infiniment las de ce genre d’argument que :

@D4DO_greg: oui, la politique tradi me gave, raison pour laquelle j’autoconstruis, je plante, je suis sur twitter..”

Notez bien : je parle de mon exemple, j’exprime une lassitude, je ne l’attaque pas lui personnellement. Le Monsieur me répond :

@PierreLhoste oui j’ai bien compris tu te coupe du monde en laissant crevé la planète #provocassumé

Et plutôt que de me révéler quelque chose sur sa propre démarche, il tourne la mienne en ridicule. Ceci est, messieurs dames, l’indice le plus fort que vous avez affaire à un Bigot/Bigotte. En religion, en politique, en science, partout.

Je ne reviendrai pas sur la notion de Foi Laïque ou de Croyance Profane (cf. L’Autre, la Peur, la Foi). C’est il me semble l’un des plus grand obstacles au progrès humain.

Ma première réaction, instinctive, a été : je ne peux plus laisser passer cela. Demain j’écris un article. Je n’ai jamais eu l’occasion d’enregistrer (sur bande ou mp3) ce genre de réaction quand j’y suis confronté, car croyez moi, je les compte en dizaines, probablement même en centaines. Or il est important de documenter l’espèce au biotope si particulier qu’est le Bigot.

Ma deuxième réaction (heureusement, 40 ans, cela finit par aider), je lui répond :

@D4DO_greg tu vas trop loin, l’ami. Bonne nuit quand meme

Et ci suit, donc, ma réponse aux Bigot(te)s de Parti.

Tout est Politique (askiparait)

Ce que nient les Bigots, c’est la possibilité de faire de la politique autrement. Alors que mon point de vue est que la politique, la vraie, se fait partout et que les 30 dernières années d’histoire nous prouvent que les partis ont été les lieux les plus décevants en termes d’avancées politiques.

L’opinion publique est le lieu majeur de la politique. Pas les boiboites (cf. Pierre Rabhi : Y a-t-il une vie avant la mort ? et merci à @jeffrenault pour ce lien). Quelle que soit la couleur politique du président, si l’opinion fait pression sur un point donné, avec force et détermination, à son corps défendant (et sans violence sur les personnes), cet élu en tiendra compte sous peine de devoir démissionner de son poste. Car ce que vous oubliez en permanence, Bigots béotiens, c’est que les hommes et femmes politiques en place ou pas, que vous les aimiez ou pas, ne sont que des mirroirs. Des mirroirs de nos petites tronches.

Le principe fondateur de la politique de parti, est un mode opératoire au principe “l’union fait la force” : plutôt que de s’engager seul et de prendre des risque réèls sur sa personne, on se regroupe au sein d’une structure fortement encadrée juridiquement, petit char d’assaut, qui encaissera les balles avec son armure et protègera l’équipage. C’est le même principe qui rend (en théorie) opératoire, les syndicats, dont nous voyons bien depuis une vingtaine d’années qu’ils ne le sont presque plus (opératoires).

La faute aux membres des partis ou aux syndicats ? Bien sûr que non. Il est très compréhensible de n’avoir pas le courage d’un faucheur d’OGM et de préférer se cacher derrière un parti, il est tout à fait légitime de ne pas oser changer de vie et de continuer à faire ce qu’on sait faire, il est tout à fait légitime de préférer la protection du groupe au prix de l’abandon d’une part de liberté d’expression. Mais depuis quand ce qui est légitime est-il nécessairement plus moral, plus efficace, plus juste… ?

Si je restreins ce problème à l’écologie : Il est très compréhensible de n’avoir pas le courage d’un autoconstructeur et de préférer louer un appart ou une maison en attendant qu’ils en fassent des vraiment économes en énergie2, totalement légitime de n’avoir pas le courage de se lancer dans l’agriculture, le métier le plus difficile qui soit. Totalement légitime de ne pas oser aller s’accrocher avec des militants greenpeace sur une structure métallique face aux canons très réels d’une armée.

Qu’est-ce que a fait le plus avancer la cause des OGM : les faucheurs qui prennent le risque très réèle de la prison ? Ou le député Européen qui fait sa part de lobbying pour contrer les lobbies OGM et qui rappelons le quand même, est payé pour ça. La moindre des choses est qu’il le fasse.

Qu’est-ce qui fait le plus avancer la cause du journalisme d’investigation dans le monde : Wikileaks et son porte parole Julian Assange qui risque à chaque minute de sa vie l’assassinat, ou nos reporters des médias traditionnels qui le fustigent tant qu’ils peuvent ou le soutiennent mollement ?

Qu’est-ce qui fait le plus avancer la cause des économies d’énergies dans le bâtiment : le fait de s’agiter en réunion de parti ?… Ou plutôt d’écrire un pacte écologique qui débouche sous gouvernement Sarkozy à un Grenelle (que d’aucuns écolos estampillés AOC fustigeront) puis à une Règlementation Thermique 2012 draconienne ? Parceque là, en plus, c’est mon domaine de spécialité. Cette avancée est spectaculaire. Et comment cette avancée a-t-elle été rendue possible ? Par le fait que des mecs comme François Tanguay ont essayé, ré-essayé, vulgarisé, l’autoconstruction écologique depuis les années 1970 !! Pas du tout par l’agitation de 30 ans de verts de partis plus ou moins marrons sur ce sujet que d’ailleurs ils IGNORAIENT jusqu’à ce qu’un certain Olivier Slider commence à en parler en France au début des années 90. Et un certain Jancovicci,… et un certain pacte écologique. Tangay, il construit écologique, faible consommation énergétique, et ce depuis plus de 40 ans ! Sans ses bouquins et ceux des autres autoconstructeurs de terrain dans l’Arizona, en Allemagne et ailleurs, je n’aurais jamais pu oser construire la mienne et expérimenter avec de nouvelles techniques et nous ne saurions même pas ce qu’est une maison passive.

C’est surtout là que progresse l’écologie politique. Sur le terrain. Là où c’est dur. Là où vous n’avez pas le groupe en bouclier avec vous. La Politique du courage individuel, la politique de l’exemple individuel, voilà la politique qui a changé ma vie et celle de centaines de personnes que j’ai croisé. Et je suis à peine ceinture blanche. Je ne vais pas me mentir sur ce sujet.

Konklusion

De plus, Bigots/Bigottes, twitter n’est pas votre ami : twitter est à l’image de la société. Ce n’est pas parque vous êtes tamponnés, certifiés, d’appellation d’origine contrôlée écologiste et membre d’une formation politique que je vais vous écouter avec plus d’attention que toto ou bidule qui n’en a aucune (AOC), mais plante des radis depuis 20 ans et lutte courageusement contre son voisin qui a 240 hectares de tritical. Si vous dites quelque chose qui me semble con, fussiez vous Eva Joly, Cécile Duflot, Nicolas Hulot,… je répondrai que je trouve cela con. C’est twitter, pas un média de groupe, pas un syndicat ou un parti. Pour faire les choses entre fans, allez sur Facebook.

La politique de parti, je vous la laisse. Passez une bonne fin d’année 2011 et début 2012 à faire élire votre #PS ou #UMP préféré au deuxième tour, et retournez pleurer pendant 5 ans sur l’inefficacité de ce “traître” que vous aurez mis (ou pas) au pouvoir et qui n’aura guère trahi que vos espoirs. La Politique, en ce qui me concerne, est ailleurs.

Pendant ce temps, pour ma part je compte voter pour le parti dont le programme me semble le moins nocif au premier tour, je me déplacerai jusqu’au bureau de vote au second tour puis m’abstiendrai probablement, puisque le vote blanc n’est toujours ni comptabilisé ni opposable et que je ne crois nullement le PS capable ni même enclin à modifier cette disposition de notre constitution qui lui permet de faire vivre ses cadres depuis si longtemps. Le Bigot d’EELV me dira, mais c’est dans notre programme ! Je lui répondrai : oui, mais vu que ton parti ne passera pas au second tour, ça ne sera in fine que dans ton programme. Dépasser 50% d’abstention, cela serait probablement plus efficace pour espérer une révision de la constitution. C’est en tous cas ma position.

Puis je continuerai d’investir mes efforts dans ma petite famille, mes amis, le soutien scolaire, le conseil à l’autoconstruction écologique, l’apprentissage des bases de agriculture biologique, le soutien aux donneurs d’alerte comme Wikileaks, la mise en oeuvre pratique de démocraties directes à petite échelle, et pas mal d’autres choses, comme je le fais depuis près de 20 ans avec le sentiment d’avancer, soit là où je sens que cela sera utile,… pas là où l’on me prétend que cela le sera.

A 40 ans bien tapés, j’ai pris la décision de ne plus me laisser impressioner par les moralisateurs de la politique de parti, et d’être fier de mes idées. Voilà, c’est dit.

Libres penseurs, bonsoir,

Bigot(s), Bigotte(s), je ne vous salue point.


  1. soit et c’est là mon opinion, se ranger derrière un personnage politique comme un fan de pop derrière Madonna et croire avec une naïveté désarmante que le fait de faire cela, de l’afficher, de hurler au milieu d’une meute de convaincus, fera progresser les points clés du programme dudit candidat, alors que toute l’histoire de la 5ème république, et plus généralement, de toutes les dites démocraties occidentales, est une preuve permanente du contraire. 

  2. et pour ceux qui en douteraient, venez faire un petit tour sur notre île de Groix, où deux personnes ont initié par leur exemple en 1999/2000 plus d’une dizaine de projets d’autoconstruction (dont le mien, et je ne faisais pas partie des deux premiers). Pas des gros salaires, tout le contraire. Des gens, par contre, prêts à souffrir physiquement (autoconstruire, ce n’est pas drôle tous les jours et n’oublions pas qu’étymologiquement, c’est ce que signifie le mot ‘travail’) pour leurs idées, des gens qui préfèrent dire non au système en faisant eux mêmes plutôt que de s’endetter ou de se plaindre dans le vide. Et leur exemple fait traînée de poudre. De, plus ces gens, de par leur expérience du côté fatigant du travail physique, sont déjà eux convaincus du sérieux de la menace sociale implicite dans ce que dit Jancovicci dans son dernier bouquin quand il affirme que les boulots de bureau n’en ont plus pour longtemps. L’autoconstruction est selon moi un acte politique qui a une valeur bien supérieure au militantisme de parti. Dans mon échelle de “force politique de l’acte”, c’est proche du 7 ou 8 sur 10 ; comme un changement radical de parcours ; une action Greenpeace (8/10), un fauchage de champs (9/10), un donneur d’alerte qui risque la mort (10/10). Mais chacun son truc, hein. 

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L’autre, la peur, la Foi

Entre deux Mondes

Rien ne fait plus peur qu’un agnostique.

À juste titre serais-je tenté de dire. En effet, si un parfait inconnu se présente à vous, à minima comme étant soit de gauche, soit de droite, cela rassure. Soit il est dans votre camp et partage votre “corpus de valeurs”, soit il s’y oppose. Vous pouvez le placer sans équivoque dans l’une des deux catégories mutuellement exclusives qui sont “je suis rassuré” ou “je me méfie”.

En revanche, une personne se présentant à vous comme n’étant ni de gauche ni de droite peut apparaître comme présentant une position floue, ne voulant pas se prononcer, voulant à la fois le beurre et l’argent du beurre, quelqu’un en somme dont il est prudent de se méfier encore plus que d’un opposant clairement identifié, car il semble cacher quelque chose que l’on réprouve instinctivement : de la lâcheté. Ne pas se positionner sur la ligne droite/gauche (cet espace à une dimension sur lequel on ne peut guère qu’aligner des points) alors que nous ne risquons pas grand chose à affirmer ce positionnement, cela inspire au minimum de la méfiance, et fort probablement de la défiance. Au mieux cette personne vous fait perdre votre temps, au pire elle veut obtenir quelque chose de votre part. En somme, elle n’est pas nette.

Elle pourrait aussi tout bonnement manifester sa conviction que les catégories “droite/gauche” dans leur acception floue actuelle ne sont pas signifiantes, puisqu’elle choisit de ne pas se positionner, avec un dédain implicite (pas de langue de bois entre nous) pour ce que cette classification binaire porte comme (non)sens à l’époque où nous parlons, particulièrement si l’on regarde la sphère politique dans nos “démocraties occidentales”.

Ce “non sens” affirmé du positionnement droite/gauche dans le cadre de l’élection, génère en général des réactions assez violentes, surtout de la part des personnes qui font de ce positionnement soit leur métier, soit un investissement bénévole important en tant que militants de telle ou telle formation politique.

Ah mais, c’est la Peur la grande coupable.

La même peur qui est la plus grande cause de tous nos maux, celle-là qui peut aider à expliquer le processus “servitude volontaire” si remarquablement décrite par La Boétie.

Ce qu’instille en nous la position de l’agnostique, qu’il soit agnostique religieux, politique, ou autre, c’est le sentiment que ce qui pour soi fait sens, pour l’autre ne fait pas sens. Un sentiment de blessure, puis de peur. De peur de l’autre qui devient pleinement “autre”.

Deux réactions sont possibles: la première est de considérer que l’autre se trompe et défendre sa propre position avec intransigeance, tant pis si le Béotien ne veut entendre raison. La seconde est de tenter de le convaincre, par une discussion et donc d’accepter la possibilité que l’autre puisse à son tour ébranler certaines de nos convictions. Hélas, la seconde alternative, n’est pas la règle mais l’exception, car la peur de voir ses convictions ébranlées est généralement trop forte pour permettre le débat.

Pour ne rien arranger, cette peur augmente avec la fatigue, avec les soucis, avec les responsabilités. Une personne qui se sent déjà lessivée par les difficultés (ressenties) de sa vie, professionnelles, familiale, ou pour d’autres raisons tout aussi valables (handicaps,…), sait qu’elle marche non loin de la ligne de crête qui sépare la vallée de la vie paisible de celle de la dépression. Et comme l’instinct de survie est bien ancré en nous, cette personne souhaitera se tenir à distance de la frontière dangereuse par une affirmation de posture, qui agit comme une formule rituelle, magique. Le Haka des guerriers maoris, les hurlements des celtes d’Irlande avant le combat procèdent du même mécanisme : affirmer son appartenance à un groupe pour reprendre courage.

Sans aller jusqu’à l’extrême de la situation de survie en condition d’affrontement physique, les images qui à ce moment là surgissent à l’esprit de la personne fragilisée peuvent être celles d’une «peur de la contagion» (répulsion : cet autre est dangereux avec ses idées, si je cède au débat, il va me contaminer) ou d’un «grand sentiment de fatigue» : je n’ai ni la force ni l’envie de remettre encore une fois dans la balance toutes mes convictions si chèrement acquises, alors que je me bats pour ces convictions depuis tant d’années, je me serais battu pour rien ? J’aurais parié sur les mauvais chevaux ? Ma vie a-t-elle encore un sens ?

Généralement, la réaction immédiate est soit un replis stratégique, soit une écoute distraite avec tentative de changement de sujet. On connaît tous. On l’a tous vécu à un moment ou un autre de notre existence.

Ce qui fait réellement peur, donc, c’est la remise en question totale d’un élément qui fonde notre vision du monde. La division Droite/gauche pour reprendre le premier exemple. Comment cet “autre” peut il même parvenir à exister sans cette croyance qui fonde ma vie, pour ne pas dire ma capacité à survivre. Et c’est la même peur qui peut étreindre le coeur d’une personne profondément croyante en dieu, par exemple, si lors du repas dominical on la place à côté du vieil oncle athée qui a été déporté pendant la guerre. Et vice versa, cela fonctionne dans les deux sens. Ce n’est bien sûr qu’un exemple, la religion n’ayant pas et de loin, le monopole de la «démarche de foi».

Vous me direz, quel rapport entre la politique et la religion ? Le processus de croyance n’épargne pas les laïques.

Coming out, le retour

(lecteur, si tu es croyant, tu préfèreras peut être sauter ce paragraphe)

Je vais ici vous livrer mon expérience personnelle sur ce point. J’ai été croyant, catholique, convaincu, très pratiquant.

Je croyais, plus que tout en une chose : Dieu existe, est fondamentalement juste (et donc bon), et même si cette vie comporte son lot d’horreurs et d’injustices, à son terme, les plus mauvais paiereont pour leurs actes et seront contraints à réelement s’amender (ils ne tricheront pas face à Dieu, qu’ils s’appellent Paulson ou Staline) avant de pouvoir connaître la paix de la vie éternelle, vie éternelle dont ils n’auront de toute façon pas le choix.

Pour différentes raisons (que je n’ai pas envie d’exposer ici), j’ai fini, au cours d’un douloureux processus de détachement pas vraiment volontaire, par ne plus parvenir du tout à croire en Dieu. Et disons le sans honte, j’en souffre encore à ce jour, 20 ans plus tard, peut être même pour toute ma vie.

Ce que j’ai alors perdu est ma croyance en le fait qu’un être suprême (très baleize et omniscient) m’aimait, moi, comme il aimait cet enfant de 5 ans mort de faim au bénin pendant que je mangeais un croissant beurre au petit déjeuner, comme il aimait, eh oui, hitler et mussolini avant qu’ils ne deviennent des monstres, comme il aimait tous ses enfants.

Certains paieraient une sacrée note à l’arrivée mais l’on pouvait être assuré d’une chose : à la fin des fins, si vous vous comportez “bien”, vous aurez accès à l’état d’ataraxie, ou absence de souffrances, qui est un peu le but que tout le monde poursuit dans son existence.

À la place, je me suis vu entrer dans un monde profondément injuste, terriblement inhumain, où chaque jour meurent des enfants torturés (rien que de l’écrire, j’en tremble), où des personnes ultra riches concentrent en leurs mains tant de richesses et de pouvoir que, mécaniquement, mathématiquement, ils sont responsables de souffrances de centaines, de milliers d’êtres humains qui valent au moins aussi bien qu’eux. Bref : j’ai été propulsé dans un monde désespérant où règne une injustice qui semble inéluctable et où le seul confort restant, quand on s’indigne de la douleur d’autrui, est de savoir (la belle affaire) que les méchants mourront également à leur tour et que la nature prouvera grâce à nos amis les asticots, que leur enveloppe charnelle qui constitue pour le non croyant tout ce qu’est un être, pourrira à son tour.

Quand j’ai parlé de cela avec des amis qui n’avaient pas été élevées dans une croyance religieuse, et donc sensément habitués précocement à vivre (croyais-je naïvement, et c’est là une grave erreur) sans croyance, sans transcendance aucune,… ces personnes me répondaient in fine :

  • c’est normal, mec, tu as été croyant, tu as cru en des choses “fausses”, et ce n’est pas facile de se passer de telles croyance.

Ça, c’étaient pour ceux qui étaient polis. La grande majorité considérait tout bonnement qu’il n’était que justice qu’un de leurs ex-opposants (croyant / non croyant) souffre un peu, lui qui s’était vautré dans ce confort qu’apporte l’opium du peuple (expression que je déteste, soit dit en passant) pendant une grande partie de sa vie, alors qu’eux avaient appris à supporter à la dure depuis leur plus jeune âge, sans se voiler la face, la réalité d’un monde brutal et sans pitié.

  • Mais qu’est-ce qu’il espérait, celui là, avec sa croyance? Qu’on allait le plaindre en plus ? Qu’il accepte comme nous le faisons depuis notre naissance, que le monde est injuste, et qu’il se joigne à l’effort commun (attitude dite “de gauche”) ou qu’il se démerde (attitude dite “de droite”).

J’ai été confronté, entre l’âge de 16 et 25 ans, à la décroissance de ma foi, et cette érosion lente m’a rendu inapte à croire en quoi que ce soit1.

Tout court.

Dit autrement, je suis devenu incapable de ne pas soumettre à la même analyse logique, tous les faits de mon existence sans exception (sauf une). En même temps, j’étais sensément parvenu dans un monde laïque où tout le monde faisait cela depuis son plus jeune âge, m’avait on dit. Il suffirait d’apprendre…

La Foi laïque est partout !

Quelle ne fut pas ma stupéfaction de me rendre compte dès lors que la très vaste majorité des laïques, alors qu’ils revendiquent “les lumières”, la primauté de la raison sur la croyance, se livrer quotidiennement (sans parfois le formuler ni même en avoir conscience) à un nombre proprement insensé d’actes de foi, impossibles à distinguer de mon point de vue de l’acte de foi du religieux.

Avec une furieuse différence, tout de même.

La foi religieuse, de nos jours en tous cas, a conscience d’elle même. Par le seul fait que le croyant doive composer au jour le jour avec des personnes non croyantes, il a conscience du fait qu’il existe un “autre monde”. Les expressions de foi laïque en revanche, sont “decompléxées” par leur incapacité à prendre conscience de leur propre existence en tant qu’acte de foi.

C’est à ce moment là que j’ai également décidé de ne plus croire aucune personne n’argumentant de manière claire ce qu’il expose. S’il y a une faute de logique, je cesse d’adhérer. A l’exception, en fait, d’un seul point. Fondamental.

Je crois en la primauté de l’ataraxie. Je crois que les sociétés doivent placer au dessus de toute autre chose le fait que chaque être humain (et vivant) a un droit à priori à minimiser ses souffrances ici bas dans la limite du raisonnable (mourir de faim, par exemple, n’est pas du domaine du raisonnable, devoir se prostituer pour faire vivre ses gosses parce qu’on ne dispose pas de revenu de vie, n’est pas du domaine du raisonnable,… vous me suivez ?). Tout ce qui va à l’encontre de ce principe, je le refuse. C’est in fine mon seul acte de foi.

Ben alors, me dira mon cousin Gérard, ancien militant PCF, ma grand mère Adèle qui votait De Gaulle et a bénéficié d’une longue et heureuse retraite, mon ancien curé de village,.. Ben alors, on est d’accord ! En fait, tu es de gauche, tu es de droite, tu es croyant !

Ah…. Ma chère famille,… vous êtes désarmants ;+)


  1. C’est à cette époque que je me suis tourné vers la philosophie, en 2002, avec Michel Onfray, qui présentait l’exemple vivant d’une personne qui offrait aux auditeurs français dans un cours magistral, accessible, poignant, son expérience personnelle : que l’ataraxie (l’absence de souffrances) n’est pas l’apanage des religions, qui certes résolvent ce problème pour ceux qui croient, mais peut être atteinte par un athée, qui plus est ancien croyant. Ma santé mentale lui doit pas mal, au passage, merci à ce grand Bonhomme. 

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éloge des Téléphobes

Le Concept

42, la grande réponse

Je ne sais pas pour vous, mais il y a des fois où je croirais presque au grand Patatchoum Vert, l’être suprême responsable de la grande explosion primordiale de morve galactique révélé par Saint Douglas Adams dans le Guide du Routard Galactique.

Il y a des forces en action dans l’univers. des forces grosses et puissantes et fortes. Si,si,… vous savez, ce moment où tout le monde, votre voisine de palier, votre boucher, votre grand mère Agnès, ont tous une intuition simultanée. Et pour l’exprimer ils emploient tous les mêmes mots. Sérieusement, à l’époque de Jésus, on appelait cela une épiphanie, ou une révélation collective. Eh bien on doit être pas loin de la découverte du sens de la vie, de l’univers et du reste, parce que ça arrive tous les jours, chez nous, en 2011, en France, sur l’île de Groix même ! Nous vivons une époque formidable. Cette catégorie de phénomènes paranormaux s’appelle :

VU A LA TELE

Mais si….

Le Couple Franco-Allemand

le couple franco-allemand

La poubelle jaune

Ce matin, je vais poser ma poubelle jaune, c’est le jour des jaunes. L’une de mes vieilles voisine (pas celle là, l’autre) vitupère au milieu de la route contre deux “toutous1” matinaux à vélo qui on failli écraser le toutou2 qui pionçait au milieu de la route. Où le contraire car elle avait l’air également très en colère contre le deuxième toutou. Toujours est-il qu’en tenant ma poubelle à roulettes, je lui lance un de ces sourires à faire tomber ses bas résille (du moins, quand Brad Pitt en lance un, il y a un réel lien de cause à effet) et lui demande si elle pense qu’il va faire beau aujourd’hui.

Là, il y a un silence.

“quoi ? Ah ben, co3, après la pluie, le beau temps !”

En même temps, je l’avais bien cherché.

Puis rêveuse, elle oublie le chien et lève la tête pour vérifier. J’en fais de même et j’acquiesce sagement en calant ma poubelle à l’aveuglette, contre un muret de pierres. La lenteur en action, le seul vrai point de communion instinctif entre les femmes, hommes, chats et les amibes. Vu que je suis moins doué en lenteur que ma voisine, je m’apprête à partir quand elle ajoute le sourire aux lèvres.

“C’est comme le couple franco-allemand…”

A ce moment précis, trois choses se produisent à une vitesse fulgurante :

  1. Je lâche ma poubelle qui se casse la gueule

  2. Mes yeux deviennent vitreux, mes coprocesseurs graphiques se shuntent

  3. sur mon écran virtuel, une alerte rouge clignote.

VU A LA TELE

BIIIIP

L’échoppe

Deux heures plus tard, je vais faire les courses, car c’est mon tour. Je rentre dans l’échoppe. Dans la queue, un homme de 40 ou 50 ans parle avec sa femme. J’entends que dalle parce que mon cerveau est binaire et que j’essaye de me rappeler de ce que je dois acheter et que c’est vachement dur pour un geek. Pensez “saut Fosbury de 2m50”, vous aurez une idée. Mais en fait, comme je suis un geek, en vrai, je ne pense pas vraiment à ma liste de courses. Je réfléchis au meilleur moyen de corriger un fichu bug d’affichage dans mon dernier plugin pour VIM4. Je plane.

Quand soudain, un signal parfaitement clair perce ma carapace. Une phrase :

C’est clair que le couple franco-allemand est en première ligne.

BIIIIIIIIIIIP

VU GRAVE A LA TELE

Je croise en sortant de ladite échoppe un de mes copains d’enfance, et me mets en posture de défense, prêt à lui faire une prise de kung fu s’il ose me parler spontanément du couple franco-allemand avant même de me dire bonjour. En fait, on parle pêche au leurre. Tout va bien.

Ma parole, mais mon Mac se fout de moi !

Rentré à la maison, je questionne mon mac. Je lui demande ce que “google news” pense de l’expression “couple franco-allemand”. Il me répond :

Pierrot, moi avec la force de google, je te sors 1020 résultats en moins de 0.09 secondes sur les dernières 24 heures, sur cette recherche.

Le truc, Pierrot, c’est que tu ne regardes JAMAIS la télé, tu ne lis jamais les journeaux. Tu es fidèle à ton Mac et je t’en sais gré, mais tu es un total télé-ignare, je dirais même un absolu mass-media-ignare. Cherche pas, mon arrière grand père a été conçu par Steve jobs himself dans son garage, on sait tout. C’est incurable.

Eloge des Télé-Ignares

Télé Ignare

Je suis JT-Largué

Alors quand mon Mac me donne des leçons, moi je vais me prendre une bière. Je la sirote en me demandant… c’est quoi cette histoire de “couple franco-allemand” ? Nicolas fait du gringe à Merkel ? C’est fini avec Carla ??? Et puis en fait, est-ce que ça m’intéresse de savoir quelle chaîne d’éminents penseurs indépendants est parvenue à enfin formuler un concept aussi puissant ? Le tout condensé en une expression hyper riche de sens qui parle de soi ? Ben non, à dire vrai, je m’en fous. Je finis ma bière.

Ca fait un bail que je ne regarde pas la télé. Genre 20 ans. J’ai fait une désintox. Une ou deux fois par an cependant, je me force à regarder un JT en entier, pour rester en forme, mais l’expérience est tellement insoutenable, tellement pénible, que je suis obligé de sortir dans le jardin pendant une bonne heure, après, pour respirer et me vider de tout le caca verbal qui a envahi mes neurones.

On me reproche parfois d’habiter sur la lune. Si je ne regarde jamais le JT comment puis-je ne pas être complètement largué ? La réponse est simple:

JE SUIS COMPLETEMENT JT-LARGUE et j’en suis heureux.

Le gros déclic s’est produit vers 2001, quand une de mes amies qui était à HEC (et à qui j’avais montré ‘no logo’ de Naomi Klein) m’a montré en retour l’un de ses cours de “com” où il était écrit noir sur blanc que le contenu, ce qui compte, ce autour de quoi on organise un programme télé, c’est la publicité, et que le reste était le contenant, l’emballage, l’habillage. C’étaient les termes exacts employés.

Je ne suis pas au courant de tout. Personne ne peut l’être. La loghorée d’actualité instantanée du JT est pour moi l’un des pires obstacles au développement de l’esprit critique. Impossible de se forger la moindre opinion sur la base de ce que l’on nous y montre. Le montage des images, les sons rajoutés / trafiqués, les commentaires ineptes,… Même les fameux débats d’idées sont la plupart du temps, au mieux des pitreries. Le genre de pitrerie puissante. Le genre de pitrerie qui fait basculer le vote au second tour des élections présidentielles de 2007 ou un Sarkozy survolté (et parfaitement prêt) détruit en direct, à coup de formules choc, le discours plutôt sensé de Ségolène Royal, en la faisant passer pour une pauvresse qui bafouille. Objectif : tuer. Un débat, qu’ils disaient.

Débat, quand tu nous tiens

Le Débat, pierre angulaire de la sagesse télévisuelle

Allez un exemple : regardez, mais regardez comment Bruno Masure, ce libertin de l’impertinence, non-anime ce non-débat d’idées entre un sophiste d’une suffisance olympienne qui passe son temps à répéter la même phrase creuse de 30 façons différentes ( “on peut pas” ), face à Etienne Chouard, qui lui essaye d’exposer des concepts complexes dans une ambiance de foire. Chouard écoute et laisse l’autre parler, le sophiste ne s’encombre pas de ce genre de pratique. Masure, lui, ne s’intéresse qu’à une chose, le format de son émission : “une ptite impertinence, monsieur machin, c’est le principe de l’émission !”. Le doigt sur son bouton rouge. A pleurer. Bourdieu, mon vieux, comme tu avais raison…

ÉTIENNE CHOUARD 1/2 - LE TIRAGE AU SORT DES DÉPUTÉS - LCP

ÉTIENNE CHOUARD 2/2 - LE TIRAGE AU SORT DES DÉPUTÉS - LCP

Imaginez quand même ce que la télévision fait de l’art noble du débat d’idées. Imaginez que dans l’esprit de la plupart des gens, débat cela signifie affrontement. Alors que par définition, le débat est une ouverture à autrui, une occasion de soumettre ses idées à la sagacité d’un ou de plusieurs autres, que l’on respecte, une envie d’aller au bout de discussions et une détermination réelle à changer de point de vue si l’autre est convainquant. Le débat ne peut pas se faire en temps limité.

booklover

Les Livres, mon ami,… et internet.

De plus, les sujets qui m’intéressent requièrent la lecture de dizaines de livres, tous les ans, et vu que je souhaite être bien informé sur ces sujets là (écologie en premier lieu, agriculture en second, philosophie en troisième, politiques alternatives en quatrième, etc…), eh bien je fais mon choix.

Et puis il y a internet, le merveilleux média que la télé tente de décrédibiliser (tente, hein, parce qu’il n’y a pas photo). Je déteste subir un programme télé, je préfère quand je m’ennuie, faire une recherche sur Dailymotion, Vimeo, Youtube ou autre pour trouver un reportage en accès libre sur un thème qui m’intéresse. Et depuis l’avènement de twitter, je peux même me payer le luxe de savoir de quoi parlent les mass-medias sans avoir à m’embêter à les subir. Internet, je t’aime d’un amour fou :-)

Allez, pour finir,

Le couple franco-allemand aussi, je l’aime d’un amour fou. Vrai de vrai. Mais pas juste le mardi 16 Août 2011 au matin.


  1. “touriste” parler local 

  2. familier, synonyme de chien. Par ici, dorment le plus souvent au milieu de la chaussée. 

  3. “Co” : terme endémique au sens générique (copain, mec, femme, touriste sympa, poule d’eau, chien) 

  4. VIM: l’éditeur de texte le plus geek de la planète. 

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Paul Itique: Nicolas, prêt pour le rôle de ta vie ?

paulitique:

Un tourbillon médiatique souffle dans la sphère écolo depuis que Nicolas Hulot a fait paraître une interview dans le magazine “Bretons”. Cet article fait l’effet d’une bombe et on comprend pourquoi: Celui qui avait affirmé deux mois plus tôt que ses ennemis n’étaient pas au sein d’EELV,…

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Lettre à mon copain Hulot


Cher Nicolas

ici, c’est Pierre

Breton monogame gaucher calvitie naissante chaussant du 43


Salut Nicolas ! !Alors si tu lis ça, Nicolas (non, je déconne), sache que j’aurais pas aimé être à ta place, et que mon estime pour ce que tu as fait en sort accrue (si c’était possible)

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Guillaume Castevert: Lettre ouverte à Nicolas Hulot

guillaumecastevert:

Cher Nicolas,

Vous permettez que je vous appelle Nicolas ? Vous ne me connaissez évidemment pas, mais je suis allé vous écouter lors de votre venue à Bordeaux ce 22 juin et j’ai été convaincu par votre démarche et votre discours.

Je fais partie des milliers de personnes qui ont voté pour…

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Rapport IPSO sur l’état des Océans (traduction française)

L’écologie scientifique est peut être le champs le plus interdisciplinaire des études scientifiques. Les rapports scientifiques, dont l’organe de publication est à l’antithèse des médias traditionnels, sont en règle générale écrits avec grande une neutralité de vocabulaire et de ton.

Seulement, même les scientifiques peuvent finir par perdre leur réserve, devant l’ampleur des menaces environementales qu’ils étudient. Ce document n’est pas le rapport isolé d’un labo qui vise une publication dans une revue à comité de lecture comme “Nature” ou “La Recherche”. L’organisme dont il est question ici est l’IPSO, Internationnal Programme on the State of the Oceans, ou Programme International sur l’Etat des Océans. L’IPSO est un peu aux océans ce que le GIEC est au climat : une assemblée des experts internationaux dans un champ disciplinaire donné qui se réunissent car ils ont compris que l’enjeu de leurs études conjointes est d’ordre planétaire, doit devenir audible et visible, passer en quelque sorte le “mur du son”.

N’attendez pas d’envolées lyriques ni des prophéties politiques. Il s’agit là d’un rapport de synthèse1, sérieux, aride et factuel. Pour qui veut bien le lire, ses conclusions sont dramatiques. Le rapport urge les Nations Unies de créer une nouvelle commission en charge de la gestion de la Haute Mer (eaux non territoriales qui sont encore à l’heure actuelle un no man’s land juridique). L’échelle de temps présentée pour agir est de l’ordre de quelques années.

Un extrait des conclusions est particulièrement alarmant :

Les vitesses auxquelles évoluent de nombreux changements négatifs des océans sont proches de, voire suivent exactement les scénarios les plus pessimistes du GIEC et d’autres prédictions. Certains sont conformes aux prédictions, mais beaucoup se déroulent à un rythme bien plus rapide que prévu, et beaucoup s’accélèrent encore.

Je repoduis ici ma traduction de la conclusion finale de ce rapport. Jugez par vous mêmes :

Les participants ont conclu que non seulement nous sommes en train d’assister au très net déclin de nombreuses espèces jusqu’au point d’extinction commerciale dans certains cas, et à un rythme inouï d’extinction de différents habitats (ex mangroves, et prairies sous-marines), mais nous risquons de plus de voir disparaître des espèces marines et des écosystèmes marins entiers, comme les récifs coraliens, sur moins d’une génération. A moins d’une action immédiate, les conséquences de nos activités risquent très fort de provoquer, à travers les effets combinés du changement climatique, de la surexploitation, de la pollution et de la perte d’habitats, le prochain épisode d’extinctions massif dans les océans. Il est avéré que la conjonction de multiples hauts facteurs de stress a été le déclencheur de chacun des cinq épisodes d’extinctions de masse dans les 600 derniers millions d’années

J’ai réalisé cette traduction (non officielle) dans le but de rendre ce rapport accessible au plus grand nombre. Cette traduction n’a qu’une valeur informative et toute référence ou citation doit faire référence, non à cette traduction mais à la version longue du rapport original :

Rogers, A.D. & Laffoley, D.d’A. 2011. International Earth system expert workshop on ocean stresses and impacts. Summary report. IPSO Oxford, 18 pp.

télécharger la traduction du rapport.


  1. ceci est un rapport de synthèse. L’intégralité des rapports des différents ateliers est consultable sur le site web de l’IPSO 

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En occident la parole est libre car sa capacité à modifier les dynamiques de pouvoir sous-jacentes est, de par le système financier, très faible.

Interview de Julian Assange par Becky Hogge, 2009

B. Hogge : Quand vous parlez de cette financiarisation, si je comprends bien vous signifiez que les politiciens deviennent des managers et qu’il n’y a plus d’idéologie. La politique n’est plus intéressante. Est-ce bien ce que vous voulez dire ? Où parlez vous plûtot de…

J. Assange : c’est bien, bien, bien plus vaste que cela. Les relations de pouvoir se font à travers des contrats et des transferts bancaires, des actions ou options sur actions. Ainsi, si l’opinion politique du moment change, cela ne compte pas car cela n’a aucun impact sur le montant des contrats, cela ne change rien aux actifs de banques. Je vois aussi les choses comme ceci : en occident la parole est libre car sa capacité à modifier les dynamiques de pouvoir sous-jacentes est, de par le système financier, très faible. C’est à dire que les intérêts puissants ont placé leur richesse dans une structure qui est immunisée, pas complètement mais quasiment, aux sanctions politiques. Au contraire, dans les pays en développement, la structure primaire de la société est politique. Et donc quand l’opinion politique change, la détention du pouvoir et du patrimoine peut basculer complètement.

(Note de Moi : ou dit autrement : ce n’est pas un hazard si la censure est très forte dans les pays en développement : ils ne sont pas encore parvenus à “sécuriser” leur secteur politique)

Interview of Julian Assange by Becky Hogge, 2009

B. Hogge : When you talk about this fiscalisation, I understand that to mean politicians turn into managers, there’s no more ideology any more. Politics is no longer interesting. Is that what you mean? Or are you talking more about …

J. Assange : It’s much, much, much broader. The power relationships are done through contracts and bank transfers, and options and shares. And so if there’s a change in political mood it doesn’t matter because it doesn’t change the values on contracts, it doesn’t change the numbers in banks. I also see this: that in the West perhaps speech is free because it actually has very little ability to change underlying power dynamics, because of the fiscalisation. That is, power interests have put their wealth into a structure which is immune, not totally but mostly immune from political sanctions. Whereas in developing world countries, the basic structure of society is political. And so when the political mood changes, who has power and who has assets can completely change.

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